J'avais déjà tenté d'y aller à deux reprises mais j'avais trouvé la porte fermée (Vade retro chkoumoune !). Histoire de conjurer le mauvais sort, j'ai retenté ma chance et la porte était (roulement de tambour)... OUVERTE. Celui qui a dit "jamais deux sans trois" a tort... Gnark, gnark, gnark.

À l'entrée, ça se bouscule au portillon... enfin, en l'occurrence, un couple et moi. Hop, hop, hop, ni une, ni deux, grillé, le couple, hé, hé, hé !
Tiens, comme sur le périph, y a du bouchon dans l'air. Dans le salon de thé, trois personnes devant moi attendent une place + moi + le couple-que-j'ai-grillé + d'autres gens derrière (que j'ai donc aussi grillés mouahahaha).

À l'intérieur, c'est riquiqui : deux petites tables à l'entrée, je devine deux salles dans le fond sans pouvoir évaluer leur capacité d'accueil. The question is: allons-nous pouvoir nous poser ? Je patiente en observant le lieu : balance ancienne, luminaire étrange, balai, piano droit; et la vitrine : gâteau aux épices, noix de coco éprise de ganache au chocolat, tarte au citron. Ce premier coup d'œil me laisse perplexe : rien de bien trépidant ou au contraire, mélanges inhabituels (bien que j'apprécie ce qui sort de l'ordinaire, certaines combinaisons me semblent vraiment particulières)...

Après dix bonnes minutes d'attente sans contact visuel avec la serveuse, je commence à m'impatienter. Difficile de mesurer l'attente quand on ne voit pas s'il y a ou s'il va y avoir de la place. Finalement, cinq minutes après, deux tables se libèrent. Je redoutais qu'on me place à la table à l'entrée (là où les gens attendent et où fusent les regards mauvais qui empêchent de prendre son temps et/ou de parler la bouche pleine) et finalement, c'est la table dans la salle du fond qui m'attend. Le mystère est levé : 4 petites tables qui peuvent recevoir chacune maximum 4 personnes (donc au total, le salon de thé peut accueillir au max max 20 personnes). Je suis accompagnée de mon mec et de mes beaux-parents; autour de la table, on se coudoie. Qu'importe, on se tient chaud ! La troisième salle derrière est en fait la cuisine.

L'ambiance est mystérieuse, la lumière tamisée, les étagères encombrées d'objets - masques, marionnettes, peintures, dessins - tous aussi insolites les uns que les autres. C'est un véritable bric-à-brac.

La carte plastifiée présente sur le recto un dessin d'enfant et sur le verso la liste manuscrite des pâtisseries et thés/infusions proposés.

Peu emballée par ce que j'avais vu en vitrine, je le suis à 200% à la dégustation. Les mélanges improbables (tarte amande citron chocolat et le gâteau aux épices) font frétiller mes papilles ! Tout est succulent : de la pâte à tarte à sa composition. La vaisselle fait voyager dans le temps : couverts en argent, tasses au fond craquelé, vieilles théières en fonte, micro-manique en tissu made by mamie, petite carafe en porcelaine... Les thés sont bons et le chocolat chaud n'a rien à envier à celui d'Angelina : épais, onctueux, fameux ! J'ai l'impression que le temps s'est arrêté.

Malheureusement, la serveuse me confirme ce que j'ai lu sur la devanture : la Charlotte de l'Isle va bientôt fermer définitivement ses portes. En juillet et jusqu'au 15 août, le salon de thé laissera place, comme c'est le cas depuis cinq ans, à un restaurant temporaire où officie la serveuse des lieux, d'origine sri-lankaise. Et après... mystère et boule de gomme.

À ne pas manquer avant fin juin !!!!

La Charlotte de l'Isle
24 rue Saint-Louis-en-L'Isle
75004 Paris
Ouvert du jeudi au dimanche de 14h à 20h
M° Pont Marie ou Sully Morland (Ligne 7 pour les 2 stations) ou Saint-Michel Notre Dame (RER C)

Charlotte de l'IsleCharlotte de l'IsleCharlotte de l'IsleCharlotte de l'IsleCharlotte de l'IsleCharlotte de l'IsleGâteau aux épices : crème d'amande, orangeLa tarte citron amandeLa noix de coco éprise de ganachePlateau de thés/chocolat chaudTasse "fissurée"Chocolat chaud cro bonLa carte rectoLa carte versoPetites cartes